Le dernier jour d’un condamné

Victor Hugo // Quentin Gibelin - Le Roy S'Amuse
2-5 avril 2014

Une Production :

Le Roy S’Amuse

Texte de :

Victor Hugo

Mise en scène :

Quentin Gibelin

Avec l’aide de :

Thierry Jolivet

Adaptation et jeu :

Quentin Gibelin

Création musicale :

Antoine Herniotte

Avec la musique de :

Tosca de Puccini

Création Lumière :

Morgane Arbez

Décor et Costumes :

Les Collections G.

 

Vous raconter une histoire... 
Il est question avant tout d'inviter le public à entendre l'immense poète et écrivain qu'est Victor Hugo, le plaisir de partager autour d'une langue unique.      Une langue si bien construite que l'on entend près de deux siècles après son écriture le cri inlassable et vivant d'un homme en colère derrière la beauté des mots.
Résumé de notre histoire... 
Un homme ?  Une femme ?  Non, plutôt quelqu'un...  un personnage...  n'importe qui, assis dans le creux de son lit, sait que demain il sera mort. Il le sait depuis longtemps, depuis sa naissance, mais cette fois les Hommes qui constituent la société dans laquelle il vivait, ont décidé qu'il était de trop, qu'il est devenu nuisible, ou du moins impropre à continuer à vivre parmi eux. Depuis des semaines il vit en connaissant l'heure et le jour de sa mort.  Aujourd'hui, la veille de cet instant, avec sa voix il essaye de raconter, de dire tout ce dont il se rappelle avoir vécu depuis l'annonce fatale, durant ces longues semaines, passées si vite...  ... et puis, à la fin, on le tue.
De quoi parlons-nous ?
De la peine de mort, oui, mais...  ... au-delà  de  la  peine  de  mort,  cette histoire  nous  rappelle que  nous sommes  tous  des  condamnés  à  mort.  Notre  naissance  est  déjà la  sentence. Le malade à l'agonie, la veuve, le croque mort, et tout un chacun entendra parler de son quotidien. La  mort  ici est  cependant  choisie  par  l'autre.  Sa  mort  est  décidée et appliquée par un autre. Quelle étrange privation de liberté !  La peine de mort n'existe plus chez nous, mais reste largement pratiquée dans  une bonne  partie  du  monde.  Elle est  toujours remise  en  question,  dès qu'une  crise  apparaît. Elle  revient, inlassable : tuer  l'autre  pour  se  sauver  soi, sans chercher une alternative.  

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Victor Hugo s'inscrivait clairement contre cette pratique et l'absurdité de sa justification. Le dernier jour d'un condamné est un plaidoyer vivant, une arme non sanglante, poétique et belle pour lutter et condamner sans mort : une justice non seulement archaïque mais de tout temps inefficace. Tout est dit, chacun peut se reconnaitre, condamner à mort est lâche, cruel, inconscient. Il est un échec de soi envers l'Humanité de chacun. Ce texte est le seul argument dont je dispose face à ces discutions terribles où l'on me dit sans cesse : « pour ces gens-là, je ne vois que la peine de mort. Ils ont tué, qu'ils  meurent, ils  ont  violé, qu'ils  meurent...  ».  Mais  qui  sont-ils  ces gens-là, qu'est-ce qu'un criminel ? A écouter ces discours, ce n'est jamais soi. Ce texte donne le point de vue que l'on ne veut pas imaginer avoir. Je ne suis  ni psychologue, ni juge, ni flic, ni législateur, je suis poète, je n'ai pas de solutions, mais c'est avec la poésie que je souhaite remettre sur le tapis ceux qui n'ont pas su faire autrement que se placer en dehors de notre société, et que l'on écarte de celle-ci : nos criminels, nos malades, nos vieillards, nos mourants... 
Quentin Gibelin Juin 2012
 
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