Échos de la fabrique

un cycle de conférence sur le travail
un samedi par mois

François Hien

Collectif X

Pôle Développement culturel de l’Opéra de Lyon

5 octobre 18h

Ludovic Frobert

9 novembre 18h

Sabine Collardey

7 décembre 18h

Maud Cosset Chéneau

25 janvier 18h

Flora Souchier

22 février 18h

Michelle Zancarini-Fournel

7 mars 18h

Lucas Winiarski

 

conférence de Lucas Winiarski

Comment organiser un rapport de force entre travailleurs indépendants et commanditaires ? Cette question est redevenue contemporaine, à l'occasion des revendications des livreurs Deliveroo. C'était la même question que se posaient les Canuts, voici 190 ans. Ils y répondaient dans un journal, L'écho de la fabrique. Quelles leçons pouvons-nous en tirer ?  

Avec le projet Échos de la Fabrique, le Collectif X créera une fresque théâtrale et musicale, divisée en épisodes autonomes et jouée en entier à la fin du projet (printemps 2021). Le sujet sera les révoltes de Canuts survenues à Lyon en 1831 et 1834 ; mais une histoire des Canuts réinterprétée à la lumière des problématiques du travail aujourd'hui, qu'une longue enquête participative nous aura permis de faire émerger. Ce processus est accompagné de l'organisation d'une série de conférences ouvertes à tous.

Il s’agira d’évoquer les stratégies d'action d'une confédération syndicale française, la CGT, mises en œuvre pour rassembler et organiser les chômeurs et les salariés en situation de précarité et ce, à travers l’étude d’une expérience locale à Saint Etienne. Analyser l'organisation des précaires au sein de la CGT et plus largement du syndicalisme ouvre la voie à de multiples réflexions : les conditions d'entrée pour de jeunes actifs sur le marché de l'emploi, l'acquisition d'un emploi dit « stable », le rapport au travail et au syndicalisme, aux nouveaux espaces de négociations avec les interlocuteurs sociaux et à la place des salariés les plus en difficultés, au retour à l'emploi pour les salariés les plus âgés, etc. L'objectif ici est de présenter une analyse des formes d'organisation des sans-emplois et des précaires, des groupes souvent parlés mais qui apparaissent eux-mêmes peu sur le devant de la scène. En effet, « leur visibilité est d'autant plus faible que d'autres acteurs (institutions publiques, responsables politiques, organisations caritatives ...) parlent et interviennent en leur nom ». Ainsi on se demandera comment, face à l'évolution du monde du travail, les structures locales de la CGT et ce syndicat dans son ensemble peut-il réussir à s'imposer comme une organisation « utile» aux précaires ? L'évolution du monde du travail vers un fonctionnement plus mobile et flexible pose de nombreuses questions sur l'organisation des structures syndicales bien souvent structurées autour des travailleurs à statut, sur leurs adaptations et leurs réponses à ces changements. Dès lors, comment la CGT parvient-elle à créer un espace pour ces publics précaires ou privés d’emploi alors même qu'elle est fondée historiquement sur le prisme du travail, du salariat et de l'entreprise ? Comment cherche-t-elle à produire un groupe, un collectif, par-delà les seuls ancrages professionnels ? Lucas Winiarski est doctorant en sociologie politique à l'Université Lumière Lyon-2, rattaché au laboratoire pluri-disciplinaire Triangle. Sa thèse porte sur « L’organisation des chômeurs et des travailleurs précaires dans la CGT (années 1990-2010). » Il s’agit pour lui de mener un travail d’enquête comparatif, analysant les relations entre différentes configurations locales de la CGT.  
WordPress Appliance - Powered by TurnKey Linux