Au cœur des ténèbres

Jospeh Conrad // Marief Guittier - Michel Raskine - spectacle créé à l'Elysée en 2015
8-9 juin 2017

texte:

Joseph Conrad

adaptation:

Joël Jouanneau

mise en scène :

Michel Raskine

avec :

Marief Guittier et Thomas Rortais

lumières et régie :

Adèle Grépinet

administration :

Claire Chaize

production :

Rask!ne & Compagnie

crédit photo :

Michel Cavalca

 

"Quand j'étais petit garçon j'avais une passion pour les cartes. Je passais des heures à regarder l'Amérique du Sud ou l'Afrique, ou l'Australie, et je me perdais dans toute la gloire de l'exploration. En ce temps-là il restait beaucoup d'espaces blancs sur la terre, et quand j'en voyais un d'aspect assez prometteur (mais sur la carte ils le sont tous), je mettais le doigt dessus et je disais: "quand je serai grand j'irai là." Il y en avait un -le plus grand, le plus blanc, si l'on peut dire- par lequel je me sentais attiré. Il s'était depuis mon enfance rempli de rivières, de lacs et de noms. Ce n'était plus un espace blanc de délicieux mystère, une zone vide propre a donner à un enfant des rêves de gloire. C'était devenu un lieu de ténèbres." 
Joseph Conrad (1857-1924)
Au Coeur des ténèbres - 1899
On sait qu'avant de se lancer dans la littérature aux alentours de sa quarantième année, Joseph Conrad avait eu une première carrière, de matelot à officier de marine, pour devenir capitaine, le tout ayant duré de 1874 à 1894. Il s'était agi d'une vocation inexplicable puisqu'elle manifestée dès 1873, alors que le jeune Korzeniowski vivait dans le sud de la Pologne et n'avait encore jamais vu la mer. Ce que Conrad aimait dans le métier de marin c'étaient surtout les qualités morales qu'il met en jeu, la manière dont il façonne un caractère digne du nom d'homme. L'éloignement par rapport aux corruptions, artifices, compromissions de la vie à terre, la solidarité qui lie les membres d'un équipage, le courage, l'exigence de vérité absolue qui doit marquer chaque geste et chaque mot d'un marin, tout cela lui parut infiniment estimable. Une bonne partie de cet idéal devait continuer à l'inspirer et à le guider lorsqu'il fut devenu terrien pour de bon. Il n'est pas certain toutefois que l'idéal soit resté intact jusqu'à la fin de sa vie. Il est certain en revanche qu'il lui déplaisait d'être considéré comme quelqu'un qui n'était capable que de raconter des histoires de bateaux et de marins, alors que son ambition était, comme celle de tout romancier conscient  de ses objectifs, de contribuer à une exploration de l'être humain.                                  
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