Image Eros Machine

Eros Machine

Cie de l'Envol

Metteur en scène : SEIGNOBOSC Sarah

Partir d’une vraie colère, d’un constat : je hais l’obscénité de notre époque. Nous vivons dans une société d’image dans laquelle le corps n’a jamais autant été exposé. Nous assistons à la naissance d’un corps sans cesse retouché, sans défaut, sans cellulite, sans cicatrice, sans particularité. Homogène, le corps se fait objet de marketing, de consommation, de publicité. La chair débordante de désir, insolente, subit les censures du puritanisme et se voit étiquetée, contrôlée. Mon corps, séparé de ma tête, doit alors être entretenu, comme on entretient son jardin ou sa voiture. On nous vend l’image d’un corps sain et musclé alors même que la société nous impose une opulence alimentaire dans laquelle la malbouffe prolifère. Quel exemple donner aux jeunes enfants de notre époque ?

Contre ces corps d’affiches uniformes, prôner l’humour. Observer la fêlure entre l’individu masqué par la masse et son désir de sortir du lot. Accepter que mon corps dans ses imperfections soit un corps désirant, fragile, que je ne maîtrise pas toujours dans sa complexité, un corps en devenir, voué aussi à souffrir, à vieillir, à mourir. Ecouter « la parole des corps ». Mettre en lumière les clichés de notre société, celle qui confond obscénité et vulgarité, érotisme et pornographie en ne se referant qu’aux codes du porno et du sex-business. Chercher l’émotion, la penser comme une fin légitime de l’art sans se compromettre dans la démagogie ambiante. Notre époque ne cesse d’invoquer l’émotion comme une valeur pour juger des évènements. Ne pas confondre émotions et sentiments. Prendre l’émotion telle quelle pour retrouver, à vif, une parole subversive.
Eros Machine est né du désir d’ adapter pour la scène les Nudités des filles de Jean Michel Rabeux :
Au centre un homme, auteur, metteur en scène. En déambulation, sa femme, Camille, une actrice, une apparition furtive, une échappée de son esprit, une muse, le fantôme d’un fantasme de corps blancs de jeunes filles. Tous deux dévoilent leur intime et leur vision de la société.

Comment la communauté des amants peut-elle trouver sa place dans la communauté des hommes ? Comment rendre une parole intime, publique ?
Tout se déroulera comme si le livre s’écrivait « ici et maintenant ». Histoire vécue ou pure invention de leur imaginaire ?

Tout contribuera à entretenir l’inquiétante étrangeté provoquée par ce trouble entre réalité, rêve, souvenir et fantasme déjouant le réalisme pour en extraire l’humain. Les corps se perdent dans leur espace vide, leur espace intime, mental, public. Les corps, les voix se mettent à nu, s’habillent de lumière, se parent de pénombre. Une parole crue s’écrit et se dit se prête au jeu, à l’humour, à la dérision aussi. La musique des mots et des corps, de leurs chairs et de leurs souffles, prend vie.
Sarah Seignobosc.


Distribution :

A partir du roman Les Nudités des filles
de Jean Michel Rabeux
adaptation, mise en scène: Sarah Seignobosc
pour la reprise, direction d’acteurs :
Grégoire Blanchon
travail chorégraphique : Anne-sophie Fayolle.
sons et lumières : Vincent Monnerri-Fons
poursuite : Nicolas Mollard

avec
Gabriel Lechevalier-Hurard et Sarah Seignobosc.