Image Le dernier jour d

Le dernier jour d'un condamné

Le Roy S'Amuse

Metteur en scène : GIBELIN Quentin

Monologue BaRock, Dansé

Victor Hugo
Quentin Gibelin
Le Roy S'Amuse

du 2 au 5 avril à 19h30

Vous raconter une histoire… Il est question avant tout d’inviter le public à entendre l’immense poète et écrivain qu’est Victor Hugo, le plaisir de partager autour d’une langue unique. Une langue si bien construite que l’on entend près de deux siècles après son écriture le cri inlassable et vivant d’un homme en colère derrière la beauté des mots.

Résumé de notre histoire…
Un homme ? Une femme ? Non, plutôt quelqu’un… un personnage… n’importe qui, assis dans le creux de son lit, sait que demain il sera mort. Il le sait depuis longtemps, depuis sa naissance, mais cette fois les Hommes qui constituent la société dans laquelle il vivait, ont décidé qu’il était de trop, qu’il est devenu nuisible, ou du moins impropre à continuer à vivre parmi eux. Depuis des semaines il vit en connaissant l’heure et le jour de sa mort. Aujourd’hui, la veille de cet instant, avec sa voix il essaye de raconter, de dire tout ce dont il se rappelle avoir vécu depuis l’annonce fatale, durant ces longues semaines, passées si vite… …et puis, à la fin, on le tue.

De quoi parlons-nous ? De la peine de mort, oui, mais… …au-delà de la peine de mort, cette histoire nous rappelle que nous sommes tous des condamnés à mort. Notre naissance est déjà la sentence. Le malade à l’agonie, la veuve, le croque mort, et tout un chacun entendra parler de son quotidien. La mort ici est cependant choisie par l’autre. Sa mort est décidée et appliquée par un autre. Quelle étrange privation de liberté ! La peine de mort n’existe plus chez nous, mais reste largement pratiquée dans une bonne partie du monde. Elle est toujours remise en question, dès qu’une crise apparaît. Elle revient, inlassable : tuer l’autre pour se sauver soi, sans chercher une alternative.

Victor Hugo s’inscrivait clairement contre cette pratique et l’absurdité de sa justification. Le dernier jour d’un condamné est un plaidoyer vivant, une arme non sanglante, poétique et belle pour lutter et condamner sans mort : une justice non seulement archaïque mais de tout temps inefficace. Tout est dit, chacun peut se reconnaitre, condamner à mort est lâche, cruel, inconscient. Il est un échec de soi envers l’Humanité de chacun.

Ce texte est le seul argument dont je dispose face à ces discutions terribles où l’on me dit sans cesse : « pour ces gens-là, je ne vois que la peine de mort. Ils ont tué qu’ils meurent, ils ont violé, qu’ils meurent… ». Mais qui sont-ils cesgens-là, qu’est-ce qu’un criminel ? A écouter ces discours, ce n’est jamais soi. Ce texte donne le point de vue que l’on ne veut pas imaginer avoir.

Je ne suis ni psychologue, ni juge, ni flic, ni législateur, je suis poète, je n’ai pas de solutions, mais c’est avec la poésie que je souhaite remettre sur le tapis ceux qui n’ont pas su faire autrement que se placer en dehors de notre société, et que l’on écarte de celle-ci : nos criminels, nos malades, nos vieillards, nos mourants…

Quentin Gibelin Juin 2012


Distribution :

Une Production : Le Roy S’Amuse Texte de Victor Hugo Mise en scène : Quentin Gibelin Avec l’aide de : Thierry Jolivet Adaptation et jeu : Quentin Gibelin Création musicale : Antoine Herniotte Avec la musique de : TOSCA de Puccini Création Lumière : Morgane Arbez Décor et Costumes : Les Collections G.


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