Image Notre plage nocturne

Notre plage nocturne

La Querelle

Metteur en scène : BEDLEEM Marijke BEDLEEM Marijke

Après une lecture -concert autour de trois textes issus des recueils de nouvelles de Dagerman (le 8 novembre 2006 à L’Elysée), nous avons voulu aller plus loin dans la mise à l’épreuve des textes de cet auteur étonnant sur la scène.
Aussi nous voilà en préparation d’un véritable spectacle, qui pourra donner traces des recherches que nous faisons sur l’auteur et au travers de son œuvre.

L’homme libre, voilà l’incandescente tension qui a mené la main de l’auteur Stig Dagerman. Ce jeune homme tôt disparu laisse derrière lui d’innombrables « œuvres en soi ».
Passionné, ou plutôt soucieux de politique, ce journaliste, cet homme nous donne à lire des textes -pensées qui par l’écriture déplient les émotions, les colères, les désirs tout froissés ensemble dans nos esprits. Il fait lumière, il ouvre par l’écriture les zones fermées, les périodes obscures, les comportements dans lesquels l’homme s’abandonne lui-même et abandonne avec lui sa propre liberté.
C’est aussi un père de famille qui examine avec tendresse et ironie sa vie, ses positions ; un mari, un amant, un fou de travail, un homme dans le monde et terriblement angoissé par ce monde.

C’est notre exploration même qui tient lieu de fil pour notre travail dramaturgique. Ce qui nous plaît, nous fait rire ou nous fait frissonner, ce qui à l’air de demander à être dit, à voix haute, vite, ce qui nous reste des jours après lecture, voilà ce qui fera matière à cette autre Plage Nocturne que nous créons aujourd’hui.

Mais aussi, si cette parole mérite la scène, c’est qu’elle crée l’image. Cette écriture extraordinairement cinémique, puissante, c’est déjà un espace, c’est déjà le lieu de l’acteur, ou du musicien.

Chercher à dire, chercher le corps qui doit porter ces mots, ces éclats ou ces pensées, c’est l’objet de notre travail et c’est le sujet du spectacle.
La musique, tout de suite, comme compagnon du texte et de l’acteur.
L’image, sans doute, en tout cas les centaines d’images qui préexistent au texte.
Alors ce pourra être une conférence, comme une rencontre humoristique avec l’homme Dagerman. Ou, dans ses mots-mêmes, un compagnonnage avec l’écrivain, espérant-désespéré. Ce pourra être un film, mais sans images sinon celles qu’on crée. Un concert, bien sûr, ce pourra être, comme une composition poétique. Un questionnement, à voix haute, alors. Et nos réponses silencieuses.

Dire Dagerman c’est comme lire une pellicule, c’est parler d’une chose qu’on voit plus qu’on ne la pense. A l’endroit entre l’oeil et le mot.


Distribution :

Mise en scène : Marijke Bedleem

Avec :
Maxime Dubreuil
Cécile Vernet
Christel Zubillaga
Et au violoncelle :
Léonore Grollemund

Création lumière :Richard Gratas