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Mon Grand-père

A voix haute

Metteur en scène : LE STUME Elise

Dans votre travail, vous abordez la famille, l’amour…des thèmes universels mais j’ai l’impression que ce qui vous intéresse, ce sont avant tout des situations d’enfermement et des moments de rupture.

Valérie Mrejen : C’est sûr, il y a vraiment quelque chose liée à l’enfermement que ce soit dans le langage, dans la parole ou dans quelque chose de très répétitif. Il y a cette répétition qui revient et qui montre que les gens sont dans des systèmes de communication qu’ils n’arrivent jamais à dépasser pour arriver à formuler de « vraies » idées ou se dire de « vraies » choses. Pour moi, c’est très angoissant mais en même temps drôle. J’essaye de le tourner en dérision parce que c’est la seule manière d’arriver à sortir de cet enfermement. C’est quelque chose que j’ai beaucoup connu dans ma famille, plus particulièrement avec mon père qui a une parole qui tourne à vide, avec toujours les mêmes questions. Quand je suis seule confrontée à cette situation, cela m’angoisse, mais dès que je le raconte à d’autres personnes, cela me fait rire. Il y a une folie là-dedans qui arrive à faire rire les autres. J’essaye de m’en servir et d’établir un lien. À un moment donné, le rire des gens me sert à dégager une voie, une tangente. Cette histoire de rupture m’intéressait par rapport à cela. Le fait de devenir artiste et de suivre un parcours individuel qui n’est pas celui que mes parents auraient souhaité pour moi, ce n’est finalement pas rien. Il fallait arriver à se battre contre des projections, un milieu très marquant et se construire autrement, avec d’autres repères.
Entretien réalisé le 4 juin 2010 par Claire Bickert. (Extrait)
?« Mon Grand-père » est issu d’une commande du Conseil Général du Rhône à la compagnie, dans le cadre d’une convention de 3 ans. Chaque année, un spectacle part en tournée dans les bibliothèques du département. En amont de la représentation, des portraits vidéos très courts, sortes de minis tableaux vivants, ayant pour point de départ le récit d’un souvenir, d’une anecdote familial ou amoureuse sont réalisés avec la complicité des spectateurs. Chaque film met en scène plusieurs personnes, plusieurs portraits qui se succèdent, et est tourné selon un même dispositif : cadre fixe de la caméra, scénographie minimale, fond unique et un objet qui est le déclencheur du souvenir. Nous nous appuyons sur l’extrait d’individualités, le geste typique, l’élément de banalité, le dénominateur commun, pour aller ensemble vers le comique et l’absurde. Ces séquences sont ensuite montées par le vidéaste puis restituées aux lieux accueillant le spectacle pour pouvoir être diffusées en amont de la représentation.


Distribution :

Adaptation et Mise en scène : Élise Le Stume
Scénographie, lumière et vidéos : Seymour Laval
Création sonore : François Lamy

Avec : Laure Seguette et Élise Le Stume
et la participation de Yves Charreton et Marie-Paule Laval